par Sylvie Baille, coach, maître-praticienne en PNL et formatrice spécialisée en éducation des adultes, co-fondatrice de la Coach Academie
Comment se fait-il que certaines personnes sachent organiser leur temps pour profiter au mieux de leur vie, alors que d'autres courent sans cesse après la minute qui manque, l'heure perdue, la journée à rattraper, etc... ? Se pourrait-il que les premières sachent vivre où la vie se passe, ici et maintenant ?
Voici une métaphore sur le thème du temps : imaginez une banque qui crédite chaque matin votre compte de 86 400 euros et qui, chaque soir, retire du compte tout ce que vous n'avez pas dépensé : que feriez-vous ? Bien sûr, chaque jour, vous retireriez la somme jusqu'au dernier centime ! Et bien vous possèdez ce drôle de compte dans une banque qui s'appelle « le Temps ». Chaque matin, vous avez un crédit de 86 400 secondes et chaque nuit, le compteur est remis à zéro : vous perdez définitivement tout ce que vous n'avez pas utilisé et l'horloge tourne sans retour possible. Ainsi, comment allez-vous utiliser le « crédit » de ce jour ? Comment allez-vous l'investir pour en tirer le meilleur parti en termes de santé, de bonheur et de réussite ? Que vaut pour vous une année ? Un mois ? Une semaine ? Un jour ? Une heure ? Une minute ? Une seconde ? Vous êtes-vous déjà posé la question ? Et quelle est pour vous la réponse ? Chaque moment est un trésor. Ne le partagez pas n'importe comment ou avec n'importe qui. Et souvenez-vous que le temps n'attend jamais personne. Hier, c'est de l'histoire. Demain, c'est du mystère. Aujourd'hui est un cadeau, c'est pourquoi on l'appelle « le présent » !
Que nous dit cette métaphore ? Elle nous demande de prendre conscience de la réalité du temps qui passe. Et de son irréversibilité. C'est une prise de conscience qui peut être source d'angoisse : le temps s'écoule et moi aussi, le temps passe et je passe avec lui. Prendre conscience du temps qui s'égrène, c'est aussi prendre conscience de sa finitude, et c'est pour chacun de nous une réalité à apprivoiser. Pourtant, n'est-ce pas justement cette limite de notre temps de vie qui valorise chaque instant, qui lui donne une densité particulière ? Plus nous nous permettons de lever le déni de notre finitude et plus le seul fait d'être animé d'une force de vie (ce grand mystère) fait de nous le détenteur d'un trésor. Et il semble soudain indécent de dilapider ces richesses en ruminations du passé, en projections dans le futur, en conflits inutiles, en compulsions diverses, en frustrations de toutes sortes.
Se former pour devenir coach, c'est entre autres travailler à réduire ces projections dans le passé et l'avenir pour se rendre de plus en plus disponible là où les choses se passent, là où la relation se crée, là où la prise de conscience et le désir de décider de soi s'enracinent : au présent, ici et maintenant. Le coach travaille avec ce qu'il y a de plus vivant chez son client : son éternelle présence dans l'instant.
extrait de la Newsletter n°35 de la Coach Academie
