Voici un sujet barbare de prime abord, mais pourtant d'une importance capitale. Il est ici question de causalité au sein des relations humaines, c'est-à-dire de la conséquence de nos actes lors de nos interactions avec les autres. Autant se demander qui est venue en premier entre l'oeuf et la poule. Il s'agit en fait d'un cycle sans fin : c'est ce que nous appelons le concept de circularité.
Tout cela paraît logique, et pourtant cette évidence disparaît de suite lors de l'émergence d'un quelconque conflit. Certainement connaissez-vous la « loi du Talion », qui consiste en la réciprocité du crime et de la peine. Autrement dit : oeil pour oeil, dent pour dent. Nous avons malheureusement dans notre actualité un bien triste exemple extrêmement représentatif de ceci avec le conflit israélo-palestinien. Des kamikazes se font exploser afin de répondre aux sanglantes agressions de Tsahal, la force de défense d'Israël, qui répond elle-même aux actions meurtrières des terroristes palestiniens. Et ainsi de suite. C'est le serpent qui se mord la queue.
Ce qu'il y a d'étonnant, c'est que, lorsque nous analysons l'étymologie du mot Talion, Talis, nous nous rendons compte qu'il provient du latin et qu'il signifie « pareil ». La loi du Talion, certainement une des plus ancienne loi existante, date du royaume de Babylone. Elle énonçait par exemple que si les enfants du propriétaire d'une maison venaient à mourir lors de l'effondrement de celle-ci, on pouvait mettre à mort le fils du maçon. La première intention de cette loi, louable, était d'éviter que les personnes ne se fassent justice eux-même. Cependant, nous pouvons aisément imaginer l'escalade dans la souffrance et, de fait, dans la violence. Talis, pareil. Nous ne pouvons pas faire un rapprochement avec ce fameux proverbe français qui dit que « plus ça change, plus c'est la même chose ». Nous sommes en plein dedans.
Et c'est là que l'on prend conscience de cette circularité des interactions humaines. Imaginons un bateau, un petit voilier, avec deux marins à bord. Imaginons que l'un d'entre eux se mettent à tirer sur la voile de son côté. L'autre doit réagir. Aussi exercice-t-il également une pression sur la voile afin de tenter de rétablir l'équilibre. Seulement, le marin qui a tiré en premier sent cette pression et surenchérit de peur de ne plus stabiliser le bateau. Et ainsi de suite. Nous voyons ici que nous sommes proches de notre exemple précédent, de même que dans n'importe quel conflit. Et pourtant... Et pourtant le bateau lui-même serait tout à fait en équilibre sans leurs efforts acrobatiques pour le stabiliser. Pour résoudre cette situation absurde, il faut faire le contraire de ce que nous dit le bon sens : il faut cesser de tirer sur la voile, et l'équilibre sera rétablit (à moins que l'un des deux marins ne tienne absolument à couler le bateau au risque de se noyer !).
Ainsi, nous pouvons bien voir désormais quelle est l'importance de nos agissements. S'il est vrai que ceux-ci sont toujours une réponse à un quelconque acte, ils sont également toujours la cause d'une réaction. Le destin de l'homme est-il pris en tenaille entre Justice et Vengeance ?