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Jeudi 8 mars 2007

 

Aimé Jacquet, sélectionneur de l'équipe de France de football championne du monde 1998

 

     

     Etre rigoureux, bien sûr, c’est essentiel. Cette rigueur, il faut d’abord se l’imposer à soi-même et ne pas tricher. Si on n’aime pas les gens, on a du mal à les faire travailler ensemble, il faut les soutenir, les aider, les accompagner. Mais il ne faut pas pour autant avoir peur de les affronter, ils aiment le langage de la vérité, c’est-à-dire des mots directs et efficaces. Pour ma part, j’ai toujours dit à mes joueurs ce que je pensais, et ils ne l’ont jamais appris par le journal du lendemain ou par quelqu’un d’autre. C’est essentiel pour ne pas les perdre en route. 

     L’autre point clé pour un coach, c’est d’être toujours dans l’écoute : il faut savoir perdre du temps en discussions et en échanges pour en gagner. Ensuite, les gens s’impliquent plus vite et plus fort et plus solidairement dans le projet. Entrainer, c’est à 70% du relationnel, de la préparation, bref du boulot. L’entrainement proprement dit, c’est le moment de plaisir, de la détente.

      Le coach doit aussi garder à l’esprit que le talent, ça s’associe, ça ne s’ajoute pas. Que ce soit pour les joueurs ou le staff, tout le monde (y compris le balayeur) est important. Quand j’entraînais, la première personne que j’allais voir le matin, c’était le jardinier. Je discutais avec lui, je prenais parfois le petit déjeuner : je peux vous dire que mes pelouses étaient nickel.   

 

     Enfin, pour rester efficace, le coach doit être attentif aux méthodes des autres et, dans l’équipe, chercher  toujours à bousculer, à interpeller, à aiguillonner, car l’humain a tendance à s’endormir.

  

Par Noé - Publié dans : Consilium
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