Maîtriser le jeu relationnel
Un manager doit maîtriser le jeu relationnel dans un contexte qui ne lui est pourtant
pas favorable : l’intensification du travail et la pression croissante du temps forcent les individus à aller à l’essentiel, limitant les moments informels. « Ces derniers sont
pourtant importants pour désamorcer les problèmes, les conflits, les tensions », remarque Gwénaëlle Poilpot-Rocaboy, maître de conférence et responsable de la formation Développement des
compétences managériales à l’IGR-IAE de
Rennes.
Pourtant, la neutralité n’est pas forcément de mise et dépend de la situation dans laquelle on se trouve. Ainsi, il va de soi que le manager ne doit pas rester passif devant un
problème important tel que la discrimination ou l’absence d’éthique. C’est là que la notion de courage managérial intervient : « les décisions ne sont pas toujours faciles à prendre
mais il ne faut pas laisser faire certaines choses ni laisser pourrir une situation », insiste Gwénaëlle Poilpot-Rocaboy.
De même, en cas de conflit entre deux subordonnés, il faut absolument éviter la politique de l’autruche auquel cas la situation pourrait rapidement dégénérer. Sans s’impliquer personnellement, « le manager peut servir de médiateur en cherchant à identifier les causes
du conflit et les solutions possibles. » Pour gagner la confiance des autres, il faut en effet éviter de prendre parti pour l’un ou pour l’autre, d’entrer dans le jeu des commérages. Vos
collaborateurs attendent de vous une équité dans vos rapports avec chacun d’eux.
Par ailleurs, ne dénigrez jamais votre entreprise ou un collaborateur en public. Vos collaborateurs pourraient se dire que vous pourriez le faire aussi pour eux. En faisant ainsi, en
restant discret, vous soignez à la fois votre image et celle de l’entreprise que vous représentez, que ce soit en interne ou en externe.
Passer maître dans l’art et la manière de
communiquer
La communication – avec au premier plan les attitudes envers les autres, les mots employés et la manière de dire les
choses – fera pencher la balance en votre faveur ou non, vous conférant un caractère répressif et démotivant pour les collaborateurs ou bien, au contraire, encourageant et
constructif.
« Evitez les mots et formulations négatifs qui remettent en cause ce que le collaborateur à pu faire, conseille Gwénaëlle Poilpot-Rocaboy. Par exemple, n’insistez pas sur ce qui
ne va pas mais sur les points à améliorer. » Attention également à bien faire la différence entre donner son avis et effectuer un jugement de valeur. Au lieu de dire à un collaborateur
‘Vous êtes incompréhensible’ mieux vaut ‘Je ne comprends pas’.
L’orthographe est aussi un facteur de décrédibilisation lorsqu’elle n’est pas maîtrisée. Ce qui est malheureusement de plus en plus courant du fait des nouvelles technologies et de la
rapidité des échanges. D’ailleurs, les entreprises n’hésitent plus à mettre en place des formations à ce sujet. Gwénaelle Poilpot-Rocaboy de renchérir : « cette défaillance dans la
communication écrite – qui se retrouve aussi bien dans les e-mails que dans les rapports – entraîne une perte de légitimité. Face à un manager, on s’attend à un minimum de qualité en termes
d’écriture. » En outre, évitez les e-mails lapidaires, les abréviations, etc.
Enfin, pour la spécialiste, travailler ensemble nécessite de gommer les différences entre les statuts, pour accentuer la proximité et mobiliser les gens. Au contraire, le sentiment de
supériorité – parler de soi, se mettre sur un piédestal, avoir une faible considération des autres – engendre l’insatisfaction des collaborateurs.
Respecter soi-même ce que l’on impose aux
autres
Le manager doit être attentif à ce que les valeurs et les règles en vigueur dans l’entreprise soient respectées, ainsi
qu’un certain savoir-vivre. Pour remporter l’adhésion des collaborateurs, le mieux est de pouvoir établir des règles collectivement, ce qui n’est pas toujours possible. Si elles sont imposées,
le manager devra expliquer leur raison d’être, leur finalité pour permettre à chacun de les comprendre.
A l’évidence, il devra également montrer l’exemple, être le premier à suivre les règles qu’il impose au risque de se discréditer totalement. Ainsi, le téléphone ne doit pas gêner les
réunions ou entretiens. Mettez le mobile sur vibreur et ne cédez pas à la tentation de décrocher sauf en cas d’urgence. Respectez les horaires et prévenez vos collaborateurs en cas de retard.
Fournisseurs, clients, collaborateurs attendent des réponses de votre part ? Ne laissez pas traîner les choses trop longtemps. De la même manière que vous attendez disponibilité et
réactivité de la part de vos collaborateurs, rendez-leur la pareille.
article publié sur le JDN Management du 2 mai 2007,
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