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Mardi 24 avril 2007

 

par Karin Reuter, psychologue, psychothérapeute et directrice de l'institut Hoffman France

 

 

     Il est beaucoup question depuis les travaux de Daniel Goleman, d'intelligence émotionnelle. Longtemps, on a cru que réussir se vie dépendait d'un bon QI, c'est-à-dire d'un bon quotient intellectuel. Or, on se rend compte de plus en plus que la réussite ne doit pas grand-chose à notre niveau d'intelligence cérébrale et beaucoup à celui de l'intelligence du cœur, l'intelligence émotionnelle. Dans les relations amoureuses, c'est un cœur ouvert qui permet de maintenir la relation dans le temps, au-delà des petites querelles et des vicissitudes de tous les jours.  

     Avec les enfants, c'est un bon équilibre entre compassion et fermeté qui permet d'élever les enfants sans les rabaisser… ni leur permettre de tyranniser leurs parents. Et dans la vie professionnelle, combien de réussites ne sont-elles pas dues à une forte présence, une bonne dose d'amour propre et d'humour, de maîtrise, d'élan, d'attention à l'autre et l'art de le convaincre ou de susciter l'enthousiasme ? Toutes ces qualités ainsi que bien d'autres sont des facteurs d'intelligence émotionnelle que l'on peut mesurer. Qui dit intelligence émotionnelle dit « capacité à comprendre ses émotions et celles des autres. » Mais de quoi les émotions sont-elles le vecteur ?   

     La plupart des auteurs s'accordent à distinguer quatre grandes émotions de base : la colère, la peur, la tristesse et la joie. D'aucuns ajoutent une cinquième émotion : les uns vont rajouter le dégoût, d'autres l'amour… Peu importent les querelles d'école : ce qui est important de comprendre ici, c'est que les émotions de base vont offrir d'infinies variantes selon les besoins en jeu, leur intensité, leur retentissement et leur combinaison avec d'autres émotions.   

     Ainsi, la colère peut aller de la petite irritation à la crise de rage ou à l'agressivité chronique ; la peur, de la vague inquiétude à la crise de panique complète ou à la phobie ; la tristesse, de la déception passagère au désespoir le plus profond ou à la dépression ; et la joie, de la paix tranquille à l'exaltation la plus complète ou au fou rire. De même, la honte sera-t-elle le plus souvent un mélange de colère rentrée contre soi ou de dégoût teinté de tristesse ; dans la jalousie, on verra la peur associée avec la colère… Pour compliquer le tout, il faut tenir compte aussi des émotions parasites qui font écran à nos émotions authentiques.   

     Dans notre société, culturellement, les hommes sont plus encouragés à exprimer leur colère et masqueront leur peur ou leur chagrin derrière des manifestations de dureté apparente ; les femmes par contre sont conditionnées à ravaler leur colère. Ce qui ne veut pas dire qu'elles se laissent faire, Dieu merci.   

     Voilà donc déjà quelques clés pour décoder le langage émotionnel. Qui dit émotions - en dehors de la joie - dit généralement besoin frustré. C'est une énergie mobilisée pour tenter de combler un besoin en souffrance. Jusque là, tout va bien tant que chacun assume la responsabilité de ses besoins et se sert de l'énergie de l'émotion pour satisfaire ses besoins. Comme un programme de survie, la colère nous permet de protéger notre intégrité, la peur, de faire face au danger, la tristesse, de faire le deuil de nos attachements pour tourner la page. Les difficultés commencent lorsqu'on attribue à quelqu'un d'autre la responsabilité de nos propres besoins : c'est là que les relations se gâtent. Les accusateurs vont chercher un martyr sur qui déverser leur colère, les victimes, un bouc émissaire pour se justifier ou un saint-bernard auprès de qui se plaindre. Dans ce jeu de patate chaude, personne ne s'assume vraiment, et les choses ne risquent pas d'être réglées de sitôt. Chacun nie la responsabilité de l'émotion qu'il ressent et s'ôte le pouvoir d'obtenir ce qu'il veut vraiment. Il y aura donc du monde pour faire les frais de ce qui ne lui appartient pas. Ce jeu pervers poursuit les familles de générations en générations qui vont porter le poids de situations inachevées.   

     Ce triste cortège dépeint malheureusement la trame de bien des relations. Les jeux de pouvoir ne se jouent pas qu'en entreprise : les relations familiales sont d'autant plus polluées d'enjeux secrets que leurs membres sont investis de l'obligation de satisfaire ces exigences tacites. Que de non-dits, de regrets, de rancœurs, de ressentiments… le ressentiment n'étant autre que le sentiment qui n'est pas dit. Il existe pourtant des approches simples et puissantes pour apprendre à écouter, reformuler, dire les choses clairement, parler pour soi et non pour l'autre, clarifier les liens ambigus et repositionner chacun à sa juste place.   

     Les approches de Gordon et de Rosenberg sur l'affirmation pacifique des besoins et de Bert Hellinger sur les constellations familiales vont dans ce sens. Sans parler de l'apprentissage de la communication, dans lequel on apprend à parler dans le langage de l'autre, selon ses préoccupations. Ainsi, John Ray s'est fait largement connaître avec sa célèbre série « Mars et Vénus » pour dépeindre le monde respectif des hommes et des femmes avec leur langage spécifique.   

      Au-delà de ce travail sur la relation, reste le travail à faire sur soi pour restaurer l'amour blessé et pardonner son passé. On rentre là davantage dans le travail de thérapie, longue ou brève. Une approche comme celle mise au point par Bob Hoffman par exemple offre un exemple magistral pour renouer avec sa famille, avec son histoire et en fin de compte avec soi-même. C'est dire que l'intelligence du cœur s'éduque et se rééduque. Il est temps de sortir du cliché selon lequel l'intelligence, qu'elle soit mentale ou émotionnelle, serait acquise une fois pour toutes.   

     S'il n'est jamais trop tard pour construire des relations heureuses, il n'est jamais trop tard non plus pour avoir une enfance heureuse.

 

               article publié sur www.mieux-être.org - peinture : "émotions" de Farid Benyaa

Par Noé - Publié dans : Scientiae
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Jeudi 5 avril 2007

 

par Christophe André, psychiatre et psychothérapeute

 

   

    Être débordé par sa colère, ce n’est pas être démoniaque ou mauvais, c’est simplement avoir du mal à gérer ses émotions. Il faut s’en occuper, car les problèmes liés à la colère sont multiples : dégâts (matériels et relationnels, voire éducatifs) qu’elle provoque dans l’immédiat, puis culpabilité ensuite…

     Il existe de nombreuses stratégies pour apprendre à réguler ses colères. Attention, se défouler (crier ou frapper des objets) ne sert à rien, au contraire : toutes les études montrent que cela muscle plutôt les circuits cérébraux de la colère, et facilite ensuite son retour.

     Il faut plutôt comprendre précisément ce qui nous met en colère : quels idéaux sont bafoués, quelles règles importantes à nos yeux sont violées ? Comprendre aussi que c’est souvent un sentiment d’impuissance qui déclenche les plus fortes colères. Est-ce que je me sens trop souvent sans ressource face à la vie ? Ou au contraire, ai-je du mal à lâcher prise, à accepter de ne pas tout contrôler ?

     Une fois ces questions abordées, il me faudra travailler à développer de nouvelles habitudes de pilotage de mes colères : dès que la colère arrive, respirer bien fort, me rappeler que je suis vulnérable face à elle, et considérer que l’urgence n’est pas d’agir mais de me calmer. Puis, soit exprimer (calmement !) à l’autre que je suis en colère, ce qui suppose de le reconnaître, ce qui n’est pas si facile parfois. Soit quitter temporairement la situation pour faire baisser la pression. Il faut aussi savoir que tout ce qui améliore ma résistance au stress va m’aider : sport, relaxation, temps de sommeil suffisant, vigilance par rapport au surmenage.

 

               extrait de Psychologies.com, sculpture en céramique d'Annie Mallet "Colère"

 

Par Noé - Publié dans : Consilium
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Mardi 3 avril 2007

 

de Sylvie Braille, coach et cofondatrice de la Coach Academie

     

 

   Chaque personne porte en elle des capacités créatrices. Ces capacités peuvent s’exercer dans des domaines très différents : dans une activité artistique bien sûr, mais aussi dans notre espace privé au quotidien, et bien sûr dans le champ professionnel. D’ailleurs, la créativité est une caractéristique constante des leaders. La créativité, c’est cette capacité à faire d’une manière originale, c’est-à-dire d’une manière qui origine de nous, qui est unique puisque nous sommes uniques. Il est intéressant de libérer ce potentiel créatif pour enrichir la qualité de notre vie, pour délaisser les solutions communes quand elles ne nous conviennent pas ou pour répondre à des questions inédites. 

   Pour accroître notre confiance dans cette capacité à créer, il est nécessaire de faire, de pratiquer, de tester. Des recettes, des savoir-faire sont disponibles en quantité, nous pouvons déjà nous familiariser avec des méthodes qui vont amorcer la dynamique créative et nous éviter bien des essais-erreurs. Et comme un muscle se développe par l’exercice, nos capacités quelles qu’elles soient, se développent avec la pratique pour devenir peu à peu des compétences.  Que cette créativité soit utilisée pour construire des solutions, pour réaliser des produits ou des œuvres, ou pour générer de nouveaux concepts ou objets, elle a besoin de conditions pour se déployer.  Ce qui bloque le plus souvent le processus créatif, c’est le manque de contact avec soi-même. Pour dépasser ce blocage, nous pouvons prendre conscience de ce qui favorise en nous la capacité à créer. Mieux savoir qui nous sommes, connecter avec ce qui est original en nous, est une première étape. Nous donnons ainsi naissance à un cercle vertueux qui nous permet à chaque pas d’explorer différents aspects de nous-même… 

   Pour permettre cet élargissement de la conscience de soi, il est utile de bannir de son esprit des mots comme « parfait », « meilleur », « définitif », « absolu », etc. La créativité a besoin d’humilité pour se déployer. Se mettre à l’œuvre en s’imposant la perfection sinon rien… et bien aboutit souvent à ne rien produire, et même à nous décourager de faire tout simplement. Créer est avant tout un jeu : dédramatisez ! Si vous craignez de commettre une faute, d’être jugé, si le souci du regard de l’autre est plus fort que votre désir de vous exprimer, si vous pensez que ce que vous produisez doit être génial, voilà de sérieux freins à pour l’imagination… Donnez congé au censeur qui est en vous ! Se mettre en condition : 

- Quel est le moment de la journée où vous êtes le plus créatif ? Cela peut être n’importe quand, mais il semble qu’il y ait des moments où nous sommes plus sensibles aux messages intuitifs. Gardez donc les activités routinières pour les moments où vous êtes moins inspirés. 

- Y a-t-il un lieu particulier dans lequel vous vous sentez plus créatif ou qui vous inspire? Ce qui serait embêtant serait d’avoir élu le mont Fuji comme lieu d’inspiration unique si vous habitez en France… Il doit bien y avoir pas très loin un lieu qui vous permet de laisser votre imagination vagabonder, permettre à vos sens de capter ce qui vous enchante…

- Quel est votre moyen d’expression privilégié ? Et si vous vous approfondissiez votre connaissance de ses techniques ? Parfois la créativité se délie dans l’expérimentation de nouvelles manières de faire. 

- Avez-vous des rituels, des stratégies particulières ? Les connaître vous permet de vous installer quand vous le désirez dans une posture créatrice en créant les conditions propices.

- Savez-vous connecter la persévérance, la patience et la discipline nécessaires pour amener l’inspiration première jusqu’à la réalisation finale ? Car une idée aussi merveilleuse soit-elle ne prend corps que dans sa réalisation. Cette réalisation demande, comme le dit si bien Thomas Edison, un pour cent d’inspiration et quatre-vingt-dix-neuf pour cent de transpiration. 

- Avez-vous du plaisir à faire ce que vous faites ? L’image romantique du créateur souffrant nous cache souvent cette réalité: s’il n’y a aucun plaisir à faire une activité, nous l’abandonnons. 

- Qui vous inspire ? Ressourcez-vous auprès des personnes qui vous inspirent, apprenez d’elles : comment ont-elles appris, comment travaillent-elles, qu’est-ce qui elles-mêmes les inspire, etc. 

   Stimuler sa créativité n’exige pas de s’engager dans la réalisation d’une œuvre ou d’un projet grandiose, il peut s’agir simplement de personnaliser votre environnement, de réinventer une manière de faire, d’assembler des idées pour en faire naître une nouvelle, de regarder sous un autre angle la réalité pour la percevoir dans toute son étrangeté… 

 

 

               extrait de la newsletter n°36 de la Coach Academie

 

Par Noé - Publié dans : Consilium
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Samedi 24 mars 2007

 

de Sébastien Capy, un de mes anciens collègue et ami, licencié en psychologie sociale

 

 

    

        Chaque jour, je suis surpris de la faiblesse de l’homme face au sacrosaint pouvoir de la télévision.  Cela me rappelle un film québécois, dont je ne me souviens plus du nom : une équipe de scientifiques avaient réussi à créer pour le compte d’une société une pilule qui rendait heureux. La pilule du bonheur donc… Ainsi, toute une société se mis à gober cette pilule. Résultat : chaque individu n’était plus devenu qu’un spectateur du monde dans lequel il vivait jusqu’au blocage (boggage ?) du cerveau, dû à son inactivité. Mon vieil ami Sébastien avait bien raison.

        Et force de constater qu’aujourd’hui nous vivons dans un monde de spectacle, où l’individu n’est plus un acteur, mais un spectateur apathique, voire aphasique… Et cela commence tout petit : complètement dépassés par le monde dans lequel ils vivent, inconscients des dangers, les parents plantent, que dis-je, abandonnent continuellement leurs enfants devant la télévision, généralement devant les dessins animés. Abandonner car il ne faut pas se voiler la face : cela permet aux parents d’avoir la paix (comme ils le disent si bien) et qui plus est, le développement cognitif de l’enfant est délégué à la télévision. Il suffit de regarder l’émission Super Nanny pour s’en apercevoir : la plupart des problèmes d’autorités rencontrés par les parents proviennent d’un abandon de celui-ci au profit du « je le mets devant sa télé comme ça au moins il me fout la paix ». Je me souviens notamment de cette famille qui avait même changer de place la chambre du petit pour l’installer dans la pièce où il y avait la télévision. On croit rêver… Comment s’étonner alors que ce-dit petit avait des difficultés à accepter la présence de sa petite sœur ? A quel moment cette famille a-t-elle pris le temps d’instruire les règles sociales à leur enfant ? Et ce genre de cas, on en rencontre perpétuellement : récemment j’ai vu une mère amener une bassine à sa fille pour qu’elle puisse se rincer la bouche, celle-ci se lavant les dents dans le salon devant la télévision. J’en ai vu une autre qui en permanence répète à sa fille « tu me fais ch… regarde la télé et lâche-moi un peu ! ». C’est à se demander si certaines personnes ont consciences de ce qu’elles font. On voit bien ici d’ailleurs à quel point le système éducatif de ces dernières années a été défaillant et totalement inadapté au monde d’aujourd’hui. A aucun moment ces parents n’ont été formés à leurs nouvelles responsabilités au sein d’une société postmodernes. Et malheureusement, cela ne semble pas prêt de changer…

        Et à la télévision, que voit-il cet enfant ? Sensiblement la même chose que nous sauf qu’il est bien plus fragile et sans défense qu’un adulte. Cela signifie que son cerveau est « vierge ». Quel bonheur… ! Rappelons-nous ce que disait Patrick Le Lay, pdg de TF1 : « Pour qu’un message publicitaire soit perçu, il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Nos émissions ont pour vocation de le rendre disponible : c’est-à-dire de le détendre entre deux messages publicitaires. Ce que nous vendons à Coca-Cola, c’est du temps de cerveau humain disponible ». Et il est vrai que tous nos enfants veulent boire du coca-cola… On voit ainsi la terrible efficacité de cette méthode. Car désormais, c’est la publicité qui dicte aux enfants comment doit être le monde, quels doivent être leurs goûts. Abandonner son enfant devant la télévision, c’est définitivement abandonner l’idée de l’initier à se construire un libre-arbitre.  C’est en faire un mouton. Sa finalité sera de consommer et rien d’autre. Son monde sera matérialiste. Sa quête du bonheur un vrai chemin de croix… Car ce que voit avant tout l’enfant à la télévision, ce sont des publicités. Ce sont elles désormais qui transmettent le système de valeurs à intégrer. Et là, tout agnostique que je suis, je me demande quand même si ce n’était pas mieux quand c’était la religion qui transmettait la morale… Bienvenues dans notre société dit « postmodernes » !

        D’ailleurs un bel exemple est représenté par ce que l’on appelle « la génération Star Academy ». On peut comprendre ici la puissance des médias. En effet, cette émission est aujourd’hui la plus grande émission « culturelle » du paf. Oui oui, l’utilisation du mot culturelle est bien obligée. Car pour ce qui apparaît être de la soupe pour nous, est bien de la culture pour ce qu’on appelle les « djeun’s ». En tout cas, c’est leur seule éducation musicale. Encore une question de libre-arbitre. Ces jeunes n’écoutent pas ce qu’ils veulent. Ils écoutent ce qu’on leur propose. Ce ne sont pas eux qui vont à la musique, c’est la musique qui vient à eux, cette musique proposée par les médias et rien d’autres. La musique qu’ils écoutent à la télé, à la radio, ou en discothèque. Les jeunes sont spectateurs d’un monde culturel qu’on leur impose… Car cette culture leur est « vendue ». Nous l’avons bien compris, la logique des médias est de vendre des espaces publicitaires, de rendre le cerveau disponible. Donc en aucun cas la logique culturelle de notre société n’est basée sur le talent et sur la créativité, mais tout simplement sur la rentabilité. Il s’agit donc d’un objectif commercial et comme tout objectif commercial, le but est de vendre au plus grand nombre, de vendre en masse. Le but ultime du capitalisme sauvage est ceci. Fondre l’individu dans la masse. Plus il sera semblable, plus il sera facile de le « toucher » commercialement. Les services marketing des grandes majors travaillent à ce but avec un talent exceptionnel. Les discothèques en sont un parfait exemple : sous le couvert de récupération sémantique culturelle, celles-ci diffusent des musiques les plus formatés possibles afin d’attirer un plus rand panel de gens qui, par contre, eux consommeront tous en quantité déraisonnable alcool et cigarettes.

        Alors on a parlé des enfants, on a parlé des jeunes, mais il faut rappeler que ce n’est carrément pas mieux du côté des adultes. Et ce qu’on retrouve avec la culture d’abord est vraie également pour les adultes, mais l’est également pour l’information. Nous sommes spectateurs. Nous attendons l’information. Nous ne décidons plus de rien. On voit bien les hommes politiques se battre pour pouvoir passer leurs idées : c’est même carrément devenu impossible, les médias transformant tout. La fabrique de l’opinion publique est devenue un art. Notre perception du monde n’est plus arbitraire… Dans tous les cas, la lobotomisation des individus dans notre société postmoderne est plus qu’en marche et il est peut être temps de réagir. Il est peut être temps de prendre nos responsabilité. Il est peut être temps de chercher à comprendre comment fonctionne le monde et quels sont ses dangers, la religion n’étant plus là pour nous l’expliquer. Peut-être est-il temps de nous réveiller. Peut être est-il temps d’éteindre notre poste de télévision et de se lever. Peut être est-il temps de devenir de vrais acteurs de notre vie et non plus de simples spectateurs… Le salut de tout un chacun passera forcément par là. Un vieil ami me disait toujours ceci : « le talent, c’est agir »…

                   Noé Liger, webmaster du blog - photo : Pierre Pinoncelli "Le Penicheur"

 

 

 

 

 

Par Noé - Publié dans : Neosophia
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Jeudi 8 mars 2007

 

Aimé Jacquet, sélectionneur de l'équipe de France de football championne du monde 1998

 

     

     Etre rigoureux, bien sûr, c’est essentiel. Cette rigueur, il faut d’abord se l’imposer à soi-même et ne pas tricher. Si on n’aime pas les gens, on a du mal à les faire travailler ensemble, il faut les soutenir, les aider, les accompagner. Mais il ne faut pas pour autant avoir peur de les affronter, ils aiment le langage de la vérité, c’est-à-dire des mots directs et efficaces. Pour ma part, j’ai toujours dit à mes joueurs ce que je pensais, et ils ne l’ont jamais appris par le journal du lendemain ou par quelqu’un d’autre. C’est essentiel pour ne pas les perdre en route. 

     L’autre point clé pour un coach, c’est d’être toujours dans l’écoute : il faut savoir perdre du temps en discussions et en échanges pour en gagner. Ensuite, les gens s’impliquent plus vite et plus fort et plus solidairement dans le projet. Entrainer, c’est à 70% du relationnel, de la préparation, bref du boulot. L’entrainement proprement dit, c’est le moment de plaisir, de la détente.

      Le coach doit aussi garder à l’esprit que le talent, ça s’associe, ça ne s’ajoute pas. Que ce soit pour les joueurs ou le staff, tout le monde (y compris le balayeur) est important. Quand j’entraînais, la première personne que j’allais voir le matin, c’était le jardinier. Je discutais avec lui, je prenais parfois le petit déjeuner : je peux vous dire que mes pelouses étaient nickel.   

 

     Enfin, pour rester efficace, le coach doit être attentif aux méthodes des autres et, dans l’équipe, chercher  toujours à bousculer, à interpeller, à aiguillonner, car l’humain a tendance à s’endormir.

  

Par Noé - Publié dans : Consilium
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